Copyright Editions du CHARIOT
Monsieur JOLLIVET-CASTELLOT
Président de la Société Alchimique de France
Textes
parus entre MARS et JUIN 1936 dans la
Revue
SECRETS des EDITIONS du CHARIOT
LES
GRANDES HYPOTHESES de la CHIMIE
Fausseté
de la Chimie de Lavoisier
Il est facile de voir que rien
nautorise les chimistes et les physiciens à persister dans
lidée que les théories de Lavoisier doivent régir la
constitution de la Matière et que rien ne nous autorise à
attacher à la notion de corps simple ou délément
indécomposable, une valeur fondamentale puisque les lois des
proportions et combinaisons, des poids atomiques et moléculaires
des équilibres chimiques , ne sont basées que sur des rapports
numériques, dont lutilité devient de plus en plus
problématique.
LA
CHIMIE NOUVELLE
Nous concevons de plus en plus une chimie
que nous qualifierons de chimie nouvelle par rapport à la chimie
datant de Lavoisier mais qui, en vérité, est une chimie
ancienne puisquelle continue le cours de la chimie
traditionnelle dont les grands alchimistes ont été à travers
les siècles les représentants. Cette chimie nouvelle
révolutionne évidemment la chimie classique, puisquelle
sape ses fondements et démontre par ses arguments lUnité
de la Matière, son évolution et sa transmutation.
Les atomes, dans cette chimie, sont
considérés comme des êtres complexes, doués dune
conscience adéquate à leur état, dune volonté
déterminée, issus comme tous les êtres du milieu originel et
leurs groupements nont rien dabsolu ni de rigide ;
les atomes ne forment aucun corps simple.
Les atomes se combinent entre eux par
affinités pour réaliser des édifices plus ou moins stables,
mais dont léquilibre peut toujours être rompu à laide
des réactions des atomes et des molécules et de leurs énergies,
réactions et énergies agissant par influence réciproque et
cela sous laction des facteurs tel que la chaleur, la
lumière, lélectricité, le magnétisme, le contact
réciproque par action de présence de certains corps sur
dautres corps (catalyse), sans oublier le Temps, facteur
important des transmutations, complètement ignoré par les
chimistes modernes et qui se sert des plus petites causes pour
produire à la longue les plus grands effets.
Preuves
de lUnité de la Matière
Il faut avouer que la chimie officielle est
restée bien aveugle en conservant la notion des corps simples et
des propriétés invariables malgré léclatante lumière
de faits tels que lallotropie et lisométrie, pour ne
citer que deux des principaux.
Les
Poids atomiques
Une autre loi qui nous apparaît également
relative est la loi de la commune mesure des atomes qui prend
pour unité lhydrogène considéré comme le plus léger
des éléments et qui établit daprès cet étalon le
tableau des poids atomiques entrant en combinaison respective. On
peut affirmer, en effet, quil existe des éléments plus
légers que lhydrogène et que, dautre part, en vertu
de la structure complexe des atomes, les combinaisons
prétendument pondérales ne représentent quune image
grossière illusoire de la réalité.
La loi déquivalence instituée par RICHTER reste
évidemment une interprétation nécessaire de la propriété
dite de saturation, mais à condition de nattacher à cette
loi quune valeur de commodité.
Latomicité dun corps étant
souvent multiple, il va de soi quelle ne correspond en fait
quà des charges variables dénergie sans doute
électrique, mais on aperçoit tout de suite à quel point est
donc vague la définition donnée par la chimie classique aux
équivalences, aux proportions multiples et à la capacité de
substitution atomique.
Il faut toujours en revenir à cette
considération, quau vrai, latomicité décèle
simplement la quantité et la tension dénergie vitale des
éléments.
Il est impossible de ramener à une quantité mathématique ces
phénomènes de biologie chimique : les formules, certes,
sont indispensables pour létude du mécanisme des atomes,
mais il faut bien se garder dy voir autre chose quune
sorte déquation dont la construction ressort purement de
notre intellect.
LOI
de DULONG et PETIT
Une autre conséquence des considérations
ci-dessus est la relativité de la théorie des poids atomiques
et des poids moléculaires dont les propriétés sont basées sur
la loi des chaleurs spécifiques (loi de Dulong et Petit). On
sait que cette loi est ainsi énoncée :
« Le produit du poids atomique p
dun corps par sa chaleur spécifique c
à létat solide est un ombre sensiblement constant et
voisin de 6,4, appelé chaleur atomique ; la formule
est donc : p x c = 6,4.
Or, la chaleur spécifique est une variable
dépendant de la température ; cest une variable en
corrélation avec la température, la loi de Dulong et Petit est
exacte ou ne lest pas. On fait en somme, un choix
arbitraire dans la mesure prise comme type de la température.
Il apparaît, dès lors, que la chaleur
spécifique des corps simples est impuissante à fournir leur
vrai poids atomique, tout autant que la densité des corps gazeux
est impuissante à fournir le nombre de leurs atomes chimiques,
ce que DUMAS a lumineusement démontré dans ses « Leçons
sur la Philosophie Chimique ».
En conséquence de ce que nous venons de dire, les poids
atomiques, les poids moléculaires, la loi de légalité du
nombre datomes à volume gazeux égal, les propriétés de
ces lois, les équilibres chimiques ne sont que des rapports
établis à laide de réactions thermo-chimiques qui ne
répondent quà laspect momentané de létat
dun ou plusieurs corps.
Autant dire que la Chimie ne saisit
quun instant de létat apparent de la Matière et que
comme cet état se transforme sans cesse, les formules
mathématiques de la chimie ne sont presque quune illusion
due à la manière dont sont affectés nos sens par des forces
que nous fractionnons pour les soumettre à des mesures qui
nont rien de fixe.
LES
BASES de la CHIMIE NOUVELLE
Ce changement continuel de la matière
est, pouvons-nous dire, sans ironie, ce quil y a de plus
fixe, de plus certain dans toute la chimie ; la
transformation incessante des éléments chimiques est un fait
dexpérience qui aveugle et justement sur lui quil
convient de sappuyer pour démolir la chimie nouvelle ou
révolutionnaire, laquelle est basée sur la doctrine de lUnité
de la Substance.
ALLOTROPIE
et ISOMETRIE
On sait que les phénomènes
dallotropie qui correspondent à ceux disométrie,
les premiers étant consacrés aux corps dits simples et les
seconds aux corps dits composés,
On sait que ces phénomènes
dallotropie sappliquent à des états différents
dun même élément offrant toujours la même valeur
atomique, mais présentant des propriétés différentes qui
sembleraient en faire des corps distincts, quoi quil
nen soit rien.
Contentons-nous de rappeler, puisque nous
nentrons pas ici dans des détails qui seraient hors du
cadre de cette étude générale, les états allotropiques du
soufre, de larsenic, du fer, du carbone, de largent,
du phosphore, de loxygène, de lor et de bien
dautres métaux et métalloïdes.
Or,
que nous révèlent ces faits ?
Ceci, que les divers éléments varient par
la construction de leurs édifices, cest-à-dire par la
manière dont sont disposés les atomes et les molécules et que
cette diversité darchitecture provient de la diversité
des aspects et des propriétés, mais quau fond cest
toujours la même matière dont les particules se groupent et
sorientent différemment et nous savons quen
désintégrant ces éléments chimiques, nous les ramenons à un
état primordial uniforme. En somme, la Matière se
polymérise, quil sagisse dallotropie ou
disométrie, ce qui nous indiffère puisque nous ne
reconnaissons pas la distinction entre corps organiques et
inorganiques.
EVOLUTION
des CORPS CHIMIQUES
Et cette conception simplifie énormément
la chimie ; elle lépure de tout galimatias, elle
permet de lembrasser en une véritable synthèse claire,
facilement expérimentale et cohérente.
En effet, cette chimie découvre davantage chaque jour le
mécanisme de la loi dEvolution qui régit les variétés
des espèces soumises comme les espèces zoologiques à la lutte
pour lexistence, à la sélection naturelle, même à
la transmission héréditaire des affinités et des caractères,
même à la sélection sexuelle, les molécules et les atomes
étant composés déléments de polarité opposée,
positive et négative.
L
HYPERCHIMIE
Cest cette chimie nouvelle pour notre
époque, quoique ancienne par le fond de sa doctrine, que
jai cherché à remettre en vigueur dès 1896, en la
baptisant alors du nom
d HYPERCHIMIE, cest-à-dire de
chimie supérieure, terme qui servit à ma revue qui parut
jusquen 1903, sous le vocable L
HYPERCHIMIE .
Je mefforçai, avec mes collaborateurs,
dadapter des théories traditionnelles de lalchimie
à certaines conceptions modernes dérivées de la chimie
classique.
LES
PRECURSEURS
Je nai pas à métendre sur ce
sujet personnel et je rappellerai tout de suite le nom des
précurseurs, qui, au XIX ° siècle, avaient poursuivi un
but analogue au mien et avaient réalisé des travaux dun
puissant intérêt : Louis LUCAS, M. A. GAUDIN,
Théodore TIFFERAU, LEBRUN de VIRLOY, Albert POISSON,
Auguste STRINDBERG, qui, ainsi que TIFFEREAU, collabora à ma
revue L HYPERCHIMIE.
Marc Antoine GAUDIN est un génie ; Il
a publié en 1873, un volume extrêmement curieux et profond, un
volume qui est un pur chef-duvre, intitulé :
L Architecture du Monde des Atomes, dans lequel il étudie
le mécanisme des groupements atomiques à laide de
schémas en perles ; il réalisa ainsi la Stéréochimie
ou chimie dans lespace, bien avant VANT HOFF ;
je ne dirai pas que ses conceptions sont aussi fouillées, ni
dune géométrie aussi savante, mais tout de même il
revient à GAUDIN davoir découvert la dynamique des atomes
à une époque où les savants navaient aucune
connaissance de ce sujet ;
Aussi le silence persista-t-il sur le
nom de GAUDIN, peut-être plus encore par jalousie que par
ignorance. Il fut depuis indignement plagié sans que
personne dans le monde des physiciens et des chimistes
nait élevé la voix en sa faveur.
De même il ne faut pas oublier que le physicien anglais LODGE
avec son livre Les Théories modernes de
lElectricité, paru vers 1800, précéda les
autres auxquels on attribue trop exclusivement les
théories modernes sur la Matière, et disons ici en passant que
LE BON, qui fut un des plus puissants révolutionnaires de la
physique et de la chimie au XX° siècle édifia une grande
partie de son système grâce aux travaux antérieurs de GAUDIN
et de LODGE.
Quant à TIFFEREAU, il exposa très bien la
théorie des ferments minéraux et métalliques, illustrées par
ses curieuses recherches sur la transmutation en or, de
largent et du cuivre sous linfluence des composés
oxygénés de lazote.
LEBRUN de VIRLOY fit des essais fort suggestifs sur
laccroissement métallique, en faisant réagir entre
eux et dans des solutions variées divers éléments chimiques
dont il augmentait la teneur première.
Auguste STRINDBERG effectua aussi dingénieuses
expériences de synthèses métalliques, notamment à laide
du sulfate de fer ammoniacal. Le moins que lon puisse dire
de ces chimistes, cest quils obtinrent des états
allotropiques et sans doute même de véritables transmutations
fondamentales.
Ce texte est la propriété des Editions du
CHARIOT.